Financement des services urbains : pour un nouvel imaginaire. Eau, chaleur et ordures ménagères au défi de la sobriété
Bulletin : Futuribles mars avril 2025
01 mars 2025
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Numéros de page :
pp.69-84
Afin d'avancer dans la réalisation des objectifs français de transition écologique, les pouvoirs publics agissent à la fois sur l'offre (par exemple, plus d'énergies renouvelables), mais aussi sur la demande, en incitant les citoyens à faire preuve de plus de sobriété. Cette incitation à la sobriété se traduit, entre autres, par des changements de comportements et de modes de vie : réduire le gaspillage, valoriser ses déchets, baisser le thermostat l'hiver, économiser l'eau... Ces comportements plus sobres sont un levier indispensable pour faire face (atténuation comme adaptation) au changement climatique. Mais ils ont un impact, encore peu pris en compte, sur l'économie des services urbains qui repose en général sur l'hypothèse d'une croissance continue des consommations (eau, déchets ménagers, production de chaleur), en lien avec l'évolution démographique et celle des besoins exprimés jusqu'ici. Comme le rappellent les auteurs de cet article, à l'origine d'une étude sur l'impact de la sobriété sur le financement des services urbains, les modèles économiques de ces services ont tous été construits sur cette hypothèse de croissance continue des volumes et sur les gains générés par les économies d'échelle. Or, le contexte a évolué et le modèle économique ne s'y est pas encore adapté. Face à un tel changement de paradigme, il faut repenser le financement des services urbains ; cet article montre pour quelles raisons, au travers de trois cas emblématiques : la distribution d'eau, le ramassage des déchets ménagers et les réseaux de chaleur urbains. Les auteurs invitent les collectivités et les opérateurs de ces services à en revoir l'imaginaire, par exemple en réduisant la taille des infrastructures dédiées, en revoyant la répartition des dépenses entre fonctionnement et investissement, ou en repensant la notion de continuité de service. Le mouvement vers la sobriété, indispensable et dont on escompte qu'il va se confirmer voire se renforcer, a des conséquences systémiques qu'il faut anticiper et auxquelles il faut s'adapter ; cet article en offre une belle illustration. Détails. Pas de chiffres.